| Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité. 1/ La stratégie de la distraction Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de 2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics. 3/ La stratégie de la dégradation Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement. 4/ La stratégie du différé Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. 5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements… 7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » 8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte… 9/ Remplacer la révolte par la culpabilité Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!… 10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes. Prenez bien soin de vous et des humains qui vous entourent. Ne perdez jamais de vue que vos pires ennemis sont ceux qui pensent, décident et agissent à votre place. Portez vous bien néanmoins. |
Finirai-je par comprendre ?
octobre 18th, 2010 by sambucusUne ‘tite chanson …
juillet 6th, 2010 by sambucus… juste, comme ça.
François Béranger
L’ÉTAT DE MERDE
Paroles et musique: François Béranger, 1998
Avant d’acheter ma carte Vermeil
Pour faire des voyages au soleil
Ou rentrer dans ma tour d’ivoire
Pour enfin jouir de mes avoirs,
Avant que ma tête soit ramollie,
Avant que mon corps ait trop vieilli,
Avant que les vers me ponctionnent,
Je voudrais qu’on éclaire ma route,
Que l’on m’explique
Une fois pour toutes
Comment l’État ça fonct-i-onne,
Ce gros machin mystérieux
Qui fait que les gens sont pas heureux.
Je dis, avant que ma voix ne se perde:
L’État, l’État, c’est… L’État de merde.
Dire que l’État est scatologique,
C’est pas vraiment très sympathique
Pour la vraie fiente, le vrai crottin
Qui engraisse si bien nos jardins.
Comparer l’État à des tas
De bouse, de purin, de lisier,
C’est négatif comme postulat.
On est quand même les héritiers
De la Grande Révolution
Que le monde entier nous envie
Mais la pauvre vieille, pervertie,
Épuisée par la concussion,
N’a plus vraiment grand chose à perdre.
L’État, l’État, c’est… L’État de merde.
L’État après tout c’est virtuel.
C’est comme le Bon Dieu et ses saints.
Ça n’a pas d’existence réelle.
Ça sort de nos esprits malsains
Mais ça commande à la Justice,
Ça fait la loi et la police,
Ça joue avec le nucléaire,
Ça décide si on fait la guerre
Avec l’argent des citoyens.
Avouez que c’est quand même pas rien.
Faut croire qu’on a l’esprit patraque
Pour supporter de telles arnaques.
Masochistes, on aime bien marcher
Dans l’État, dans l’État de merde.
Ça fait soixante ans que je respire
Et plus ça va, plus ça empire.
Hier pour former ma jeunesse,
J’ai eu ma petite guerre coloniale
Et puis quarante de promesses,
Raisons d’État, discours moral,
Xénophobie et exclusion,
Gouvernés par des maquignons.
On se demande qui les a mis là…
Pardi c’est vous, c’est nous, c’est moi!
Demain l’Europe du Capital,
La flexibilité mondiale.
Désespéré, je m’asphyxie
Dans l’État, dans l’État de merde.
Je ne résiste pas … à HFT airlines ! sur H*S
avril 13th, 2010 by sambucusNyctalopus airline
by Hubert-Félix Thiéfaine
… pour toutes celles et tous ceux qui sont sensibles … tout simplement.
Album: Alambics sortie sud
Au nom des rades et des mégots,
Je lève mon hanap et je glisse
Dans mon scaphandre à nébulos.
Je flye vers la doulce Atlantide,
Allumée dans mes courants d’air.
Je flye vers les chiens translucides
Et les licornes aux cheveux verts,
Et je patrouille dans mon cargo
Chez les ovnis du crépuscule
À collimater mes glaviots
Dans mon viseur de somnambule.
Je flye vers les radars au bar
Qui me montrent la voie lactée
Quand la fée aux yeux de lézard
Me plonge dans ses brouillards nacrés.
Je flye vers la cité-frontière
Dans la nuit des villes sans lumière.
Au nom du père, au nom du vice,
Au nom des rades et des mégots,
Je lève ma Guinness et je glisse
Dans la moiteur des mélancos.
Je flye vers les parfums tactiles
Et vers l’androgyne ovipare.
Je flye vers l’assassin tranquille
Sous mon sourire d’aérogare
Et j’carbure aux années-lumière,
Mon astronef dans les rigoles,
Mes rétrofusées dans la bière
Pour la liturgie d’la picole.
Je flye vers le chaos caché
Dans les vestiges de ma mémoire
Quand je n’sais plus de quel côté
Se trouvent mes yeux dans les miroirs.
Je flye vers la cité-frontière
Dans la nuit des villes sans lumière.
Les discours, la réalité, et des humains entre les deux …
janvier 26th, 2010 by sambucusReproduction d’un article paru dans oulala.net
L’humanitaire au service du capital, le cas de Haïti.
samedi 23 janvier 2010 par Mohamed Belaali
Une fois encore le cas de Haïti vient de démontrer d’une manière éclatante combien l’humanitaire est au service du capital. Tous les pays impérialistes, grands et petits, se sont précipités comme des vautours, au nom de l’humanitaire, sur la tragédie de ce petit pays. Que voit-on sous nos yeux ? D’un côté l’armée américaine, avec ses boys surarmés, qui se déploie dans les rues de Port-au-Prince, qui contrôle l’aéroport de la capitale haïtienne et tous les axes stratégiques. De l’autre, des survivants, hommes, femmes et enfants hagards, affamés et assoiffés qui errent à la recherche d’un introuvable point d’eau, d’une introuvable nourriture. Les uns cherchent à occuper le pays, les autres tentent,vaille que vaille, à survivre au milieu des cris des blessés et des cadavres jonchés à même le sol ou enfouis sous des bâtiments effondrés. Si les troupes américaines sont arrivées dès les premières heures du séisme, la population, elle, attend toujours dans des conditions inhumaines cette fameuse « aide humanitaire ». Huit jours après le séisme, des centaines de milliers de sans-abris vivent dans des campements improvisés ou comme le dit l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) « dans des abris de fortune, sans accès à des réseaux d’eau ». La rapidité des vols des avions et la rotation des hélicoptères militaires contraste avec la lenteur des secours. Dans les petites villes avoisinantes de la capitale haïtienne, « l’aide humanitaire » est totalement absente.
Et c’est la population elle- même, à mains nues puisqu’elle manque de tout, qui a procédé aux secours d’urgence loin des caméras et du battage médiatique hypocrite. C’est cette même population c’est à dire des rescapés, dans le dénuement total, qui luttent contre la mort, qui sont traités par les grands médias occidentaux de pillards, de bandits, d’émeutiers etc. Ce sont peut-être ces « émeutiers » des quartiers populaires que les américains et leurs caniches européens craignent le plus. Car l’émeute peut se transformer en révolte et celle-ci en résistance à l’occupant.
Barack Obama en compagnie de Bill Clinton et même de Bush promet au peuple haïtien de rester à ses côtés « aujourd’hui, demain et à l’avenir ». Les GI ne sont donc pas prêts à quitter le sol de ce pays qu’ils occupent au nom de l’humanitaire mais en toute illégalité.
ONG, entreprises multinationales, artistes, sportifs de haut niveau, hommes et femmes politiques sont ainsi enrôlés dans cette sinistre opération coordonnée par un commandement militaire. « La coopération s’opère à tous les niveaux sous la conduite du Pentagone, seul capable d’assurer le rôle de leader(…) le contrôle est laissé au militaire, subordonnant l’acteur civil et humanitaire » disait Stéphane Sisco membre du Conseil d’administration de Médecins du Monde. [médias, notamment la télévision, la tragédie haïtienne est un show rentable qui permet d’augmenter l’audimat et d’engranger des recettes publicitaires en exploitant, eux-aussi, la compassion et la générosité des téléspectateurs. Elle leur permet, par ailleurs, de ne pas parler ou de ne pas montrer les luttes sociales qui éclatent ici ou là.
L’humanitaire sert de paravent aux visées hégémoniques impérialistes. Il exploite cyniquement les sentiments altruistes et de solidarité des citoyens pour servir, en dernière analyse, les intérêts d’une classe sociale minoritaire, mais qui possède tous les pouvoirs.
Mohamed Belaali
[1] Mohamed Belaali « L’humanitaire au service du capital »
Madame rêve …
janvier 21st, 2010 by sambucusA la demande (quasi) générale :
Madame rêve
by Alain Bashung
Et de cylindres si longs
Qu’ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d’artifices
Des formes oblongues
Et de totems qui la punissent
Rêve d’archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles
D’un amour qui la flingue
D’une fusée qui l’épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin
Madame rêve ad libitum
Comme si c’était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame rêve d’apesanteur
Des heures des heures
De voltige à plusieurs
Rêve de fougères
De foudres et de guerres
A faire et à refaire
D’un amour qui la flingue
D’une fusée qui l’épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin
On est loin
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Du spectacle, des vœux, des espoirs, (désespoirs ?) …
décembre 31st, 2009 by sambucusL’année numérotée (ici) 2009 est morte. En préambule à une année nouvelle, à l’intérieur de notre société du spectacle, quelques éléments de compréhension pour bien nous tenir …
… Nous tenir éveillés, nous tenir constructifs, nous tenir ensemble, nous tenir fermement, nous tenir résolument, nous tenir vivants …
» Aucun ordre social ne peut durablement se fonder sur le principe que rien n’est vrai. Aussi, il faut le faire tenir. L’application à toute chose, de nos jours, du concept de « sécurité » exprime ce projet d’intégrer aux êtres mêmes, aux conduites et aux lieux, l’ordre idéal à quoi ils ne sont plus prêts à se soumettre. » Rien n’est vrai » ne dit rien du monde, mais tout du concept de vérité. La vérité ici, n’est pas conçues comme un attribut des êtres ou des choses, mais de leur représentation. Est tenue pour vraie une représentation conforme à l’expérience. La science est, en dernier ressort, cet empire de l’universelle vérification.
Or, toutes les conduites humaines, des plus ordinaires aux plus savantes, reposent sur un socle d’évidences inégalement formulées ; toutes les pratiques partent d’un point où choses et représentations sont indistinctement liées, il entre dans toute vie une dose de vérité qu’ignore le concept occidental.
On peut bien parler ici, de « vrais gens », c’est invariablement pour ce moquer de ces pauvres d’esprit. De là, que les occidentaux sont universellement tenus par ceux qu’ils ont colonisés pour des menteurs et des hypocrites. De là qu’on leur envie ce qu’ils ont, leur avance technologique, jamais ce qu’ils sont, que l’on méprise à juste titre.
On ne pourrait enseigner Sade, Nietzsche, et Artaud dans les lycées, si l’on avait disqualifié par avance cette notion là de vérité. Contenir sans fin toutes les affirmations, désactiver pas à pas toutes les certitudes qui viennent à se faire jour, tel est le long travail de l’intelligence occidentale. La police et la philosophie en sont deux moyens convergents quoique formellement distincts.
Bien entendu, l’impérialisme du relatif trouve dans n’importe quel dogmatisme vide, dans n’importe quel marxisme-léninisme, n’importe quel salafisme, dans n’importe quel néo-nazisme, un adversaire à sa mesure : quelqu’un qui, comme les occidentaux, confond affirmation et provocation.
A ce stade, une contestation strictement sociale, qui refuse de voir que ce qui nous fait face n’est pas la crise d’une société mais l’extinction d’une civilisation, se rend par là complice de sa perpétuation. C’est même une stratégie courante désormais que de critiquer cette société dans le vain espoir de sauver cette civilisation.
Voilà. Nous avons un cadavre sur le dos, mais on ne s’en débarrasse pas comme ça. Il n’y a rien à attendre de la fin d’une civilisation, de sa mort clinique. Telle quelle, elle ne peut intéresser que les historiens. C’est un fait, il faut en faire une décision. Les faits sont escamotables, la décision est politique. Décider la mort de la civilisation, prendre en main comment cela arrive : seule nous délestera du cadavre. »
L’insurrection qui vient
(septième cercle extraits)
Collectif invisible
Soyez vivants et créatifs. Prenez soin de votre intelligence et de votre liberté, ce sont les plus menacées, les plus convoitées.
Tranche de vie 1 : Trazik
décembre 16th, 2009 by sambucusAu hasard du devoir de la copulation familiale bourgeoise, il était né cadet, éternel second après son frère premier né, et premier adulé, par ces jeunes parents éblouis. De plus, il débarquait juste dix ou onze mois après son frère ainé. Ça aurait pu être sans aucune conséquence, mais ça commençait assez mal …
Ces conditions de base créaient des tensions et des problèmes à ses parents, anciens boy scouts cathos rigides et bas du front, et bien trop sûrs de leurs propres qualités.
Supportant mal la situation et son éventuelle culpabilité, conjuguée avec la turbulence agitation de ce nouveau né, son père s’en était désintéressé très vite. C’est à dire qu’il lui assurait le gîte et le couvert, mais pas plus. Il ne fallait quand même pas exagérer ! Il se ménageait ainsi une distance confortable, pour un jeune père excédé.
Sa mère, de son côté, sanglée dans ses certitudes et ses devoirs, avait, dans la plus parfaite inconscience (d’autres diraient refoulement) rejeté cet enfant surnuméraire ou trop précoce, en tous cas, venu trop tôt, et n’y étant pour rien. Comme elle était plutôt du genre sec-nerveux-tendu-c’est-moi-qui-ai-raison, ce malheureux gamin n’avait rien trouvé d’autre comme défense que le sommeil (plutôt l’éveil !) très agité. D’ailleurs, il avait conservé tout au long de sa vie cette faculté de très peu dormir, ce qui ne fut pas sans avantage. Sa grande arme de nourrisson pour exister fut l’anorexie mentale. Avec sa mère, il ne mangeait rien, et vomissait même, tout ce qu’elle parvenait à lui faire avaler de force. Les repas étaient un enfer. Comble de honte sociale pour cette mère très soucieuse de l’apparence, ce gosse puait le vomi, pour cause de rejets permanents. Non seulement elle était ulcérée de ce gamin venu trop tôt, mais en plus, quand elle faisait mine d’en être fière en le présentant aux quidams, il sentait toujours ou le vomi, ou la colique, voire gerbait carrément dans les bras d’invitée condescendante. Quel bonheur !
Le vrai gag était que ce gosse mangeait avec n’importe laquelle de ses tantes ou même de ses oncles … et même, dévorait littéralement. Il mangeait de tout, en grande quantité, avec gloutonnerie, voire réjouissance, et ne vomissait rien … Cherchez l’erreur …
Quoi qu’il en soit, comme la plupart des enfants d’hommes, il a survécu à ses tribulations. Par contre, cet « accueil-spécial » parmi les humains et cette petite enfance socialement particulière le conduisirent à construire une personnalité un peu tordue. Que ce soit dans son enfance, puis son adolescence, et dans son age adulte, il n’a jamais pu faire autrement que de se faire remarquer. Il a toujours fallu qu’il soit, ou se mette, en avant. Tentant ainsi de combler l’image excessive de son frère aîné, et son propre déficit à exister, qu’il traînait depuis sa première tétée.
Il est alors devenu, à la fois, un type imbuvable de prétention et de suffisance, et, comme il n’était pas idiot, un charmeur combinard qui tire toujours son épingle du jeu. Vivant d’expédients, dont la musique, et de multiples métiers improbables, où toujours il avait un rôle bénéficiaire, même s’il ne durait que quelques mois ou quelques années. Quand son incompétence n’assurait plus, s’il en avait trop fait, ou dès que la situation semblait lui être défavorable : il disparaissait, tout simplement. Si possible avant qu’il ne soit trop tard, et en laissant une image, un souvenir chatoyant, et une ardoise de dettes généralement réglée par la communauté.
Il finit par se marier, avec une fille tout à fait identique. Elle aussi a besoin qu’on la regarde, voire la considère. Elle était du genre « je m’assois au milieu, regardez comme je suis belle. » Ils s’étaient trouvés … Ils eurent des enfants dont je ne sais rien, sauf qu’une fille a réussi dans le show biz. Ce qui ressemble étrangement à une compensation des déficits parentaux …
Quoi qu’il en soit, son invention et ses capacités l’avaient conduit des combines médiocres de boys scouts attardés, pour obtenir des salles gratuites, si possibles garnies de petits fours et cocktails, à des entourages de politiciens à l’honnêteté élastique (pléonasme) et à l’ambition sans faille, en passant par des petits PDG véreux, tentant de soutenir les qualités et les pouvoirs qu’ils n’avaient pas.
Il avait fini son spectacle vital comme deuxième couteau chez des minables prétentieux qui l’adulaient, où le temps se chargea de le couvrir de grisaille et d’oubli, mais toujours brillant dans la grandiloquence….
Ainsi peut-on évoquer un parcours …
et proposer un personnage au projet Kebra
A perte de vue
novembre 16th, 2009 by sambucusAlain Baschung
À perte de vue
Des lacs gelés
Qu’un jour j’ai juré d’enjamber
À perte de vue
Des défilés
Des filles à lever
Des défis à relever
Des prix décernés dans tes yeux
À perte de vue
Dodelinent des grues
Les pieds dans la boue
Qui eût cru
Qu’un jour nos amours
Déborderaient
Fassent oublier aux ajusteurs
La clé
Plus de boulons
Pour réparer la brute épaisse
Ma pute à coeur ouvert
Trop de cuirassés
Pas assez d’écrevisses
Pour une fricassée
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
À perte de vue
Du déjà vu
Du déjà vécu
Se précipitent
A mes trousses
Qu’en dit le héron
Il en sait long
Qu’en dit l’éolienne
Elle me fait hello
Voie d’eau dans la coque du Poseïdon
Hamecs éperonnés
Est-ce un espadon
L’oeuf d’un esturgeon
Ou un concours de circonstances
Qu’aurait engendré ce paysage désolé
De n’être pas resté
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
Donnez-moi des nouvelles données
À perte de vue
Des lacs gelés
Qu’un jour j’ai juré d’enjamber
À perte de vue
Des défilés
Des filles à lever
Des défis à relever
Des prix décernés dans tes yeux
Des prix décernés dans tes yeux
Alain Baschung
lpdj : et n’oubliez pas ….
novembre 11th, 2009 by sambucusQu’il n’est pire bourreau ( ou tortionnaire, ou dictateur, ou persécuteur, ou blingblingueur, etc … )
que lorsque la victime est consentante ( ou pour le moins passive et inactive, etc … )
Et merci aux hypocrites malhonnêtes !!
novembre 10th, 2009 by sambucusEt qu’importe la santé et les enfants, puisque le but recherché est de faire le maximum de pognard !!
Communiqué
09 novembre 2009
Mise au pas de l’INPES
L’UFC-Que Choisir dénonce le démantèlement de la politique de prévention de l’obésité !
L’UFC-Que Choisir dénonce le projet du Gouvernement de démanteler la politique de prévention de l’obésité, révélé par des manoeuvres portant atteinte à la mission d’information du public et aux règles élémentaires de gouvernance.
Alors que les engagements de Nicolas SARKOZY en 2007 laissaient espérer une prise à bras le corps du problème de l’obésité (1), dans les faits c’est à des démissions successives que nous avons assisté : dessaisissement de Roselyne BACHELOT sur la publicité télévisée, la restauration scolaire et les confiseries en sortie de caisse ; publication par les professionnels d’une charte d’engagements au rabais, cautionnée par les ministères de la Santé et de la Culture, et enfin abandon de toutes les mesures ciblant l’obésité dans le cadre de la Loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires. Mais des informations révèlent que désormais les pouvoirs publics projettent de démanteler purement et simplement la politique de prévention.
Nous venons de découvrir que le projet de Loi de modernisation agricole donne au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation la cotutelle de l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES), organe de communication du ministère de la Santé ! Ce rattachement contre nature fera que les communications de l’INPES devront être validées par le Conseil National de l’Alimentation, donnant ainsi à l’industrie un fort droit de regard institutionnel sur les campagnes de prévention officielles !
Un article de presse (2) vient de révéler une autre manoeuvre dirigée contre la dernière campagne de l’INPES incitant le public à modérer la consommation d’aliments trop riches. Sous la pression des annonceurs de l’agro-alimentaire, les régies publicitaires des chaînes de télévision auraient dans un premier temps refusé de diffuser la campagne, avant de se raviser. Malgré ce revirement de dernière minute, cette tentative de boycott constitue une ingérence sans précédent de l’industrie agro-alimentaire pour bloquer une campagne d’information officielle et confirme la volonté de mettre au pas cet institut.
L’UFC-Que Choisir dénonce les manoeuvres de l’industrie pour museler l’INPES et demande à Monsieur Bruno LEMAIRE, ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, de surseoir à son projet de rattachement, qui constitue une atteinte grave aux règles élémentaires de bonne gouvernance.
Alain BAZOT, Président de l’UFC-Que Choisir, a déclaré à cette occasion :
« Les campagnes officielles de prévention de la santé publique ne doivent pas être soumises à un ministère de l’information des industries agro-alimentaires ! ».
1. Engagement pris durant la campagne présidentielle (Stratégies, n°1455 du 3 mai 2007, page 8).
2. Article « Mange ta pub et tais-toi ! » – Le Canard Enchaîné – 4 novembre 2009
… Pour ceux qui auraient encore des doutes, nous n’avons affaire qu’à des bandits cupides.